A quoi bon sortir? Je m’emmène partout; partout je me fais de l’ombre. Et puis je suis bien comme ça, je connais mes limites, me resserre, me ressemble. Je regarde. Le monde me traverse, ou bien c’est moi qui le contiens. Quelqu’un attend autant que moi, sinon je ne serais pas triste. Quelqu’un s’attend. Quelqu’un m’attend. Ne pas bouger, ne rien effaroucher. Quand le temps nous aura fait trop mal un jour viendra.

In Fragiles de Philippe et Martine Delerm

Photographie sous licence creative commons par Raphael Goetter

Photographie sous licence creative commons par Raphael Goetter

Mala ria, mauvais ruisseau, m’avait-on dit… La Maurienne, plus longue vallée des Alpes du Nord et sa réputation.

Pourtant je m’y suis attaché.

A ses paysages de montagne, abrupts, minéraux que j’aime arpenter loin des foules.
A ses petits villages agrippés aux flancs tantôt verdoyants, tantôt enneigés des montagnes.
A sa faune et à sa flore que j’aime à photographier au travers de mes sorties.

Vous qui arpentez ces quelques lignes, vous qui habitez aussi cette vallée, m’avez déjà certainement croisé au travers de mes diverses activités tant professionnelles que privées.

La vie ici est un peu à l’image des montagnes qui nous entourent, des sommets à atteindre, de grands espaces de solitude, quelques chutes… le soleil, le brouillard, ambiances si particulières.

Je ne suis pas funambule. J’avance pas à pas. Je ne sais rien des jours, je glisse sur un fil, au loin je ne vois pas. Si je regarde en bas c’est le vertige. Je risque à chaque pas et j’avance, docile. A chaque risque le bonheur est là. J’avance vers moi ; le bout du fil n’existe pas.

D’aucuns me répliqueront qu’une corde pour grimper vers les sommets avec des nœuds ça aide mais il est toujours plus agréable d’être accompagné sur les chemins escarpés de la vie… si quelques unes voulaient s’y risquer, les premiers pas sont par là…