Les Yeux jaunes des crocodiles
de Katherine Pancol – Morceaux choisis

« C’était son étoile quand elle était petite. Son père la lui avait offerte, un soir où elle avait un gros chagrin, il avait dit :  » Tu vois, Jo, cette petite étoile au bout de la casserole, elle est comme toi, si tu l’enlèves, la casserole perd son équilibre, et toi, si on te retire de la famille, la famille s’écroule parce que tu es la joie incarnée, la bonne humeur, la générosité… et pourtant, avait poursuivi son père, elle a l’air bien modeste, cette étoile en bout de constellation, on la voit à peine… Dans chaque famille, il y a des gens qui ont l’air de petits boulons insignifiants, et pourtant, sans eux, il n’y a plus de vie possible, plus d’amour, plus de rires, plus de fêtes, plus de lumière pour éclairer les autres. »

[...]

« La vie avait continué après, la vie continue toujours. Elle te donne des raisons de pleurer et des raisons de rire. C’est la vie, Joséphine, fais-lui confiance. C’est une personne, la vie, une personne qu’il faut prendre comme partenaire. Entrer dans la valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t’attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t’écrase les pieds, parfois elle te fait valser. Il faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu’elle t’envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée. »